Elle ère. Elle ne fait que ça de ses nuits, elle n'a que ça à faire. Avec AP, il l'accompagne toujours, elle ne s'en sépare jamais. Elle connaît cette ville comme sa poche, elle se glisse entre les immeubles, se faufile dans les rues les plus sombres. Là où même la lune n'oserait pas s'aventurer, elle, elle a trop l'habitude pour avoir peur. Et puis aux alentours de 3h00 elle reprend le chemin de chez elle. Son iPod sur les oreilles, ses quelques larmes sur ses joues. Elle ne les laisse que couler à ce moment là, elle n'a jamais pleuré devant les autres. Elle ne sait pas montrer ses sentiments aux autres. Elle sert son appareil photo dans sa main. Elle aimerait tant que ce soit sa main qui se trouve dans la sienne, comme avant, ils marcheraient main dans la main. Ils seraient inséparables, pourquoi a t-il fallu qu'elle déménage ? Ses parents ont divorcé, elle n'a pas eu le choix. Elle arrive dans le centre, là où l'on voit la lune, c'est la pleine lune, quelque chose va arriver. De toute façon il lui arrive toujours des choses. Elle marchait tranquillement et ne le vit pas arriver. Lui il avait des lunettes noires sur les yeux, il regardait ses pieds et il avait les mains dans les poches. Ils ne se sont pas vu, le choc a juste été assez violent pour qu'elle tombe, pour que AP glisse de ses mains et pour qu'il sursaute.
Angèle (A) : AP !
Elle l'a vu tomber, elle l'a vu se fracasser sur le sol, elle a sentis la haine monter en elle. Lui il l'a pris pour une folle. Il s'est demandé ce qu'elle avait.
... : Je... Je suis désolé.
Elle s'est levée, a épousseté son pantalon et elle a pris un air dégagé. Il l'a dévisagé, elle l'a regardé et l'a giflé.
A : enfoiré.
Il s'est mis à pleuvoir, doucement puis violemment. De violentes petites gouttes fines lui giflaient le visage, elles se mélangeaient une à une à ses larmes. Elle a ramassé son vieil appareil argentique. Et a continué sa route, son visage n'éprouvait pas le moindre sentiment. Quand soudain quelque chose lui a fait tilt. Elle s'est arrêtée et dans cette rue sombre, seul un rayon de lune laissait apercevoir son petit sourire satisfait. Elle s'est retournée, il était là, un peu plus loin. Et dans le silence glacial de la nuit un cri retentit.
A : TOM !
Aucune réponse peut être n'avait-il pas compris que la jeune fille s'adressait à lui.
A : TOM KAULITZ !
Il s'est retourné, plein d'étonnement. Elle a marché dans sa direction, doucement. Sans laisser présager que le pire était à venir. Elle est arrivée à sa hauteur et lui a simplement glissé ses quelques mots, sans une once de vérité.
A : je suis désolé, je me suis emportée.
Vers 4h du matin la Lune qui observait tranquillement Berlin, vit sortir deux jeunes d'une discothèque, deux jeunes qui finiront leur nuit dans un hôtel 5 étoiles. Un certain matin, un certain 8 septembre, un couple éphémère c'était formé. La fin d'un équilibre était venu. Le début d'une nouvelle vie pointée le bout de son nez, pas forcement meilleur. Juste pire...
À partir de maintenant je préviendrais
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Et ce à chaque fois.